La Couvre-Clair ou Couverclée, le dolmen de Neuvy-en-Dunois (28).

Texte modifié à partir de l’article de Jean-Luc Renaud, document proposé par Michèle.

 Malgré l’éloignement de Neuvy-en-Dunois avec les rivières qui drainent la Beauce, la présence humaine y est attestée dès le néolithique. Une sépulture à incinérations découverte et fouillée dans les années 1960 aux Perrières, mais surtout un remarquable dolmen, en témoignent. 

Peu connue, mais de grandes dimensions et d’une architecture particulière, la Couvre-Clair ou Couverclée compte parmi les monuments mégalithiques les plus intéressants du département d’Eure et Loir.

Les dolmens sont en effet des sépultures en matériaux durables érigées par les premiers paysans du Néolithique pour y inhumer une dizaine de défunts et, dans certains cas, beaucoup plus. En Beauce, on peut estimer que leur construction s’est étalée entre environ 4000 et 2700 ans avant Jésus-Christ (La grande pyramide de Khéops a plus de 4500 ans.). Au cours de cette période l’architecture de ces monuments évolua au gré des influences culturelles et des contraintes géologiques locales. Par commodité, le terme « dolmen » continue de désigner une grande variété de sépultures mégalithiques.

Le dolmen de Neuvy-en-Dunois ! dans Dépenses (de calories) dolm13091001b-225x300Située entre Neuvy et Jonville, il faut emprunter le chemin qui relie les éoliennes. On la découvre, discrète parmi un gros bosquet de prunelliers poussant à priori curieusement au milieu d’un champ, au pied d’une éolienne. En raison de l’absence d’accès permanent depuis celle-ci, il est conseillé d’attendre la fin des récoltes pour effectuer des visites.

Les photographies du début du siècle, notamment celles de Gustave Fouju, donnent d’elle l’image tout à fait stéréotypée et attendue d’un dolmen. La Couvre-Clair était alors bien dégagée et apparaissait sous la forme d’une table sub-horizontale en appui sur deux supports. Sur place, même si la végétation actuelle empêche d’en établir un plan précis, l’observation révèle en fait une architecture complexe et des dimensions imposantes.

Schématiquement, un dolmen était construit avec de grosses pierres verticales appelées orthostates plutôt que piliers ou supports délimitant une aire où étaient inhumés les défunts. Cet espace, la chambre funéraire, était partiellement ou totalement recouvert par une ou plusieurs grosses dalles. L’ensemble du monument était ensuite le plus souvent englobé d’un tertre structuré de terres et des pierres rapportées communément appelé tumulus.

La table de 3,55 m de long , 2,25 m de large et 0,70 m d’épaisseur a la particularité d’être en grès et de présenter des traces de polissage sur sa partie supérieure. Trois rainures et deux cuvettes, stigmates du façonnage de haches polies, témoignent de la réutilisation de ce qui était un ancien polissoir. … ce bloc d’environ une quinzaine de tonnes proviendrait au plus près, d’après la carte géologique, de Villars ; Soit un transport d’environ 2 km. 

L’état de conservation de la Couvre-Clair n’est ni exceptionnel ni mauvais pour un monument vieux d’environ 5000 ans (sic) … En effet, les mutilations portées ne cherchaient pas à détruire totalement le dolmen mais visaient à le rendre non réutilisable. L’ensemble des actes rituels marquant la fin de l’utilisation sépulcrale d’un dolmen est qualifié de « condamnation du monument ».

Aucune tradition de légende ou de pratique superstitieuse se rapportant à la Couvre-Clair n’apparaît dans la littérature bien qu’il semble en exister. Dans ce chapitre, on peut signaler le long poème de M. Léo d’Antenne inspiré par le dolmen qui évoque les combats de la guerre de 1870 dans les environs. (pas de référence sur le Net)
   

Néolithique : http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olithique
Dolmen : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dolmen